Les enseignants à publics captifs, c’est-à-dire, grosso modo, ceux qui exercent dans une institution scolaire officielle, même ceux qui s’efforcent d’aider les élèves à se construire une véritable aptitude à communiquer, cherchent aussi à doter ceux-ci de la capacité à employer une langue dite « correcte ». Or, quels sont les rapports effectifs entre communication langagière et correction de la langue ? Ne peuvent-elles pas fonctionner l’une sans l’autre ?

Eh bien justement si. La capacité à échanger concrètement dans une langue n’exige nullement la correction (grammaticale, lexicale, etc.) de celle-ci, comme suffirait à en témoigner, s’il le fallait, l’usage quotidien entre nous de notre langue non étrangère, peuplé d’approximations, de « fautes » (un verbe au singulier avec un sujet au pluriel, un adjectif au féminin avec un substantif au masculin, etc.).

C’est donc que la communication, visée explicitement, n’est pas le véritable but : celui-ci est, en réalité, une communication sociale, qui respecte les classements de chaque société en catégories diverses. C’est donc aussi que la correction de la langue ne constitue pas un objectif en soi : on cherche en vérité une compétence académique, reste d’un enseignement d’autrefois, quand utiliser la langue apprise n’était qu’un luxe rare.

Comment faut-il enseigner alors ? Nobody knows.