Ce qui interpelle le simple usager de la langue, comme moi, ce sont les cas où presque tout le monde se comporte comme la règle prescrit de ne pas le faire. Prenons un seul exemple : après que. Si je me contrôle férocement, je sais, par l’exercice rigoureux d’un savoir appris sous la férule, que cette conjonction de subordination gouverne l’indicatif et que, la faire suivre comme c’est le cas le plus fréquent, d’un subjonctif constitue une « faute de langue » indiscutable.

Et pourtant, comme de multiples autres (les plus nombreux si j’en crois ce que je lis et ce que j’entends) j’éprouve à chaque fois la tentation d’employer le subjonctif, alors que je serais parfaitement capable d’expliquer que c’est erroné et même pourquoi (c’est-à-dire, précisément, pour quelles raisons, quelle rationalité donc) une telle pratique est « fausse ». Personnellement et dans mon for intérieur (je n’oserais jamais me permettre un tel laxisme en public), je trouve que le subjonctif est bien préférable à l’indicatif : il me semble plus juste et me paraît plus respectueux d’une certaine logique syntaxique.

Aveuglement ? Sans doute. Reste à expliquer, tout de même, pourquoi la majorité des gens (de loin) opère le mauvais choix (tous le même en l’occurrence). Qu’est-ce qui peut bien fonctionner là ?