Au mieux, il s’agit donc de petites pastilles censées représenter un siècle et suffire aux élèves pour se construire une opinion droite sur ce qu’était la littérature en tel ou tel siècle. En réalité, une telle pratique ne peut conduire qu’à un habit d’Arlequin, fait de pièces et de morceaux, et qui n’aide au mieux qu’à favoriser la fabrique d’une bouillie aux ingrédients imprécis, improbables même, dont on ne peut que se gargariser.

Or, il existe beaucoup d’autres manières de procéder. Dans beaucoup de pays anglo-saxons, par exemple, (et ce n’est qu’un exemple), la littérature est enseignée sous forme de « surveys », c’est-à-dire de survols, soit sur une durée (le dix-huitième siècle), soit sur un écrivain (Voltaire), soit encore sur un thème (la condition des femmes). On ne vise pas à produire des spécialistes mais seulement « à donner une idée », à fournir quelques connaissances que l’élève, par hypothèse, désire. On assume, en somme, que la littérature n’incarne aucune continuité et qu’une « culture littéraire » est nécessairement lacunaire.