Devenus amis, nous avons donc décidé que chacun pour l’autre, nous corrigerions immédiatement la moindre incartade. Je fus nommé un jour directeur des relations internationales de mon établissement.

"C’est bien pour nous que tu sois désormais directeur des relations internationaux.

- Relations internationales.

- Oui, je sais.

Je fus interloqué.

- Alors, si tu sais, pourquoi ne respectes-tu pas la règle ?

- Le genre en français, c’est radicalement impossible. Il n’y a pas de classement rigoureux. Je me suis donc fait une règle à moi, dont je ne déroge jamais : quand un substantif se termine par « e », je l’accorde au féminin. Dans tous les autres cas, je le mets au masculin. C’est le cas ici, non ?"

Stupéfaction, et même sidération de ma part. Je n’ai jamais oublié la leçon. Il ne faut pas se laisser dominer, emprisonner, par des régularités linguistiques dont on ne parvient pas à circonscrire le périmètre exact. Mieux vaut, statistiquement, s’en forger d’autres de toutes pièces mais qu’on est sûr de maîtriser parce qu’on les a forgées soi-même. Ce n’est certes pas un principe à avouer devant des enseignants professionnels, ni à recommander. Il reste cependant qu’il montre qu’un apprenant ne doit jamais se laisser dominer par une langue et son corset de règles, mais qu’il doit être actif et s’imposer à elle.