Anthropologie et didactique du français langue étrangère

L’ethnologue et le travail de terrain

1. Les origines d’un parcours

« Mon engagement dans l’anthropologie s’explique, je crois, par des questions d’histoire personnelle et générationnelle. C’est le cas de beaucoup de chercheurs qui ont fait leurs études et leur carrière dans les années soixante dix. J’utilise le terme d’engagement à dessein, car il faut se replacer dans le contexte de l’époque, la décolonisation.

Nous étions trop jeunes pour avoir été impliqués dans le militantisme à l’époque des guerres d’Indochine et d’Algérie mais nous avons été très concernés par les actions contre la guerre au Vietnam et les luttes de libération contre les dictatures qui persistaient en Espagne, au Portugal, en Grèce, et en Amérique latine. En Afrique la décolonisation des années 60 avait abouti à la mise en place, avec la complicité des anciennes puissances coloniales, de dictatures néocoloniales, où des tyrans aussi sanguinaires que délirants (Mobutu, Bokassa, Idi Amin Dada, pour ne citer que les plus tragiquement caricaturaux) étaient totalement manipulés par les nations d’Occident. C’était cela, le contexte, celui du tiers-mondisme, de la solidarité avec les peuples opprimés de la terre. Quant à l’histoire coloniale, j’y étais liée : ma famille est d’origine eurasienne, ceci explique cela.

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